La SHED transpose son approche résidentielle au commercial pour le studio Eidos-Montréal

Eidos-Montréal a poussé le concept de «résimercial», cette tendance à l’hybridation entre les espaces de travail et la maison, à un autre niveau. Le studio de jeux vidéo s’est allié à une firme spécialisée en architecture résidentielle pour le design de ses espaces de bureaux. Une transformation du studio réalisée par La SHED.

La SHED traduit le «résimercial» par un bureau empreint de plus de confort, d’une plus grande identification à la compagnie et d’un sentiment de chez soi par l’appropriation que font les usagers de l’espace. Pour son concept lumineux, apaisant et confortable, La SHED s’est éloignée de l’esthétique assez sombre des jeux vidéo.

«La matière et les matériaux ont été étudiés de la même manière que dans tous nos projets. Nous avons souhaité recréer une atmosphère enveloppante et utiliser des matériaux chaleureux de la même manière que dans nos projets résidentiels», dit Renée Mailhot, architecte associée de La SHED.

Un bureau renfermant toute une ville

Le studio initial s’était vu greffer des ajouts en fonctions des nouveaux besoins au fil des années. Il devait être repensé en fonction des prévisions à long terme. Réaménagé, il compte dorénavant près de 60 000 pi2, soit 10 000 pi2 supplémentaires par rapport au bureau d’origine.

Inspirés des principes d’urbanisme, le nouvel aménagement a été dessiné de manière organique, traduisant le studio en village miniature abritant la communauté des Eidossiennes et Eidossiens. Les salles, les couloirs et le hall d’entrée laissent place à des maisons, des ruelles, des placettes et une grande place publique. Les volumes qui se détachent du plafond viennent renforcer cette représentation de la ville dans la ville.

Au coeur de la place publique est ériger un escalier, visible dès l’entrée, qui unifie le premier et le second niveau du studio afin d’ajouter transparence et ouverture à la composition. Tout converge vers ce nouveau lieu commun: le forum.

Plan des niveau 5 (dessus) et 6 (dessous)

Par La SHED

Triangles, japonaiseries et autres détails

« Le niveau de raffinement dans les détails qui fait partie de notre approche résidentielle a également été mis à contribution dans ce projet commercial. Un élément vraiment fort qui en ressort est le travail au niveau du plafond. L’ensemble des fonctionnalités du plafond ont été intégrées à la structure : les luminaires sur mesure, de même que les grilles de ventilation et les gicleurs », explique Renée Mailhot.

Pour guider les occupant.e.s à travers l'espace organique et sinueux, des luminaires triangulaires ont été disposés au plafond à la manière d’une voûte étoilée. Ils composent un circuit qui met en lumière les aires de rassemblement.

Le triangle a beaucoup été repris dans le design des lieux. «L’univers des jeux vidéo, surtout celui d’une autre époque, est composé de formes triangulaires. L’identité visuelle de Eidos, dans ses jeux, et dans son logo reprend le triangle. Nous avons intégré cette forme aux poignées, aux tables, aux bibliothèques, aux tabourets, etc.», ajoute Yannick Laurin, architecte associé de La SHED.

Inspiré de la maison-mère nippone de l’entreprise, le choix des matériaux s’inspire de l’architecture japonaise. Les salles de réunion aux parois de verre rappellent par exemple les salons aux cloisons translucides en papier de riz.

Par ailleurs, une partie du mobilier a été conçu sur mesure par des artisans locaux, à Montréal. Pour rompre avec le blanc des murs et du plafond, un chêne blanc à l’apparence rustique et noueuse a été utilisé pour recouvrir les planchers. Allant jusqu’au bout de l’appropriation du projet par les employés et d’une signature unique au studio, la signalétique a été réalisée par un membre de la communauté Eidosienne qui pratique l’ébénisterie dans ses temps libres.

Le studio a valu trois prix à La SHED aux Grands Prix du Design en 2020.

Crédits photos : Maxime Brouillet

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