Conception d’environnements sains: une notion transformée par la Covid-19?

L’été bat son plein, chacun rêve de vacances et chacun souhaite trouver l’équilibre entre sécurité sanitaire et bien-être. Après des mois de télétravail, d’achats et de relations à distances, réinvestir les lieux partagés semble irrésistible. Avec cette soif de déconfinement, l’apport de la technologie pour assurer notre bien-être peut paraître atteindre ses limites. Comment penser l’intersection entre le design et la technologie pour un environnement alliant bien-être et sécurité?

Un retour à l’essentiel, allégé de haute technologie apparente, certains designers l’appliquent pour concevoir des environnements axés sur le bien-être et pour penser l’intersection entre le design et la technologie.

L. McComber - Architecture vivante

Du point de vue de l’équipe de L. McComber - Architecture vivante, c’est souvent un enchaînement de choix low-tech qui procure le bien-être dans les environnements créés: «utilisation de matériaux naturels et sans COV, bonne répartition de la lumière naturelle, accès à la ventilation naturelle, ergonomie générale, fonctionnalité et convivialité», nomment-ils en exemple.

Un environnement qui n’est pas surchargé, tant au niveau visuel que sonore par exemple, sera déjà plus confortable et agréable. L’exemple de l’hôpital hospitalier le démontre.

«D’un point de vue technologique, l’accès aux contrôles de la ventilation mécanique, la spécification d’éclairage électrique de qualité et un effort pour minimiser la pollution sonore paraissent essentiels pour assurer le bien-être des usagers», ajoute L. McComber.

David Theodore

Université McGill

David Theodore, professeur associé à l’Université McGill, titulaire de la chaire de recherche du Canada en architecture, santé et informatique, dont les recherches explorent l’architecture médicale, exprime également la complexité des liens entre design et technologie. La technologie est essentielle à la médecine moderne, explique-t-il, mais pas nécessairement au bien-être dans nos environnements.

Le professeur privilégie ainsi approcher les high-tech avec des pincettes. «Les gens qui ont de la technologie à vendre essaieront de vous en vendre. Ne l'achetez pas, à moins que vous ne soyez vraiment sûr d'en avoir besoin», prévient David Theodore.

Clinique Innovaderm Recherches par L. McComber - Architecture vivante

Crédit photo: Raphaël Thibodeau

L’organisation sociale au coeur de la question

Bien que la Covid-19 s’impose avec son lot de nouvelles réalités, le professeur croit que d’autres enjeux seront plus sujet de redessiner les villes et les bâtiments. «La conception future de nos bâtiments et de nos villes dépend de facteurs beaucoup plus importants que notre réponse à cette crise. Par exemple, le développement immobilier. Ces développements redessinent Montréal plus profondément que ne le fera toute réponse à la Covid-19», pense David Theodore.

À long terme, ce sont davantage les inégalités qui existent dans les villes qui demeurent ses principaux enjeux. La pandémie qui aura mis en évidence certaines injustices accélèrera peut-être par ailleurs la transformation.

Michel Dubuc

Ædifica

Michel Dubuc, architecte et fondateur de Ædifica, souligne que la crise actuelle «fait ressortir les lignes de faille de notre organisation sociale et à quel point nous sommes mal préparés pour faire face au présent défi sanitaire et à ses répercussions économiques». 

Le designer n’est pas seul porteur de la solution. Il est essentiel que des professionnels de toutes disciplines collaborent.

«Il est risqué de prendre le pari que rien ne changera et que nous retrouverons une normalité, car ces failles existent précisément parce que notre système social et économique est incapable de bien gérer les disruptions. Pour y voir clair et esquisser la sortie de crise, il nous faut réunir des savoirs qui n’ont pas l’habitude de travailler ensemble», explique Michel Dubuc.

«Pour y voir clair et esquisser la sortie de crise, il nous faut réunir des savoirs qui n’ont pas l’habitude de travailler ensemble.» -Michel Dubuc

Ædifica croit que les professionnels du design peuvent bénéficier de l’intégration de l’expertise scientifique à même la démarche conceptuelle. C’est ainsi croit Michel Dubuc «qu’il est possible de dépasser les solutions anecdotiques pour développer des approches inédites qui assurent aux usagers des espaces sains, tout en préservant le sentiment de liberté et le confort, tel un antidote aux mesures de contrôle et au stress que nous vivons actuellement».

Pour que l’usager reprenne goût aux espaces partagés, les mesures sanitaires intégrées au design doivent être aussi efficaces que discrètes conclut Michel Dubuc.

Photo de couverture: Clinique Innovaderm Recherches par L. McComber - Architecture vivante photographié par Raphaël Thibodeau.

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