Photographe d'architecture - Marc Cramer

Figure importante de la photographie d’architecture au Canada et photographe du nouveau Pavillon pour la Paix Michel et Renata Horstein du Musée des beaux-arts de Montréal, Marc Cramer aborde sa pratique avec un sens artistique aiguisé et un regard empreint de sensibilité. Portrait d'un observateur du perceptible et de l'imperceptible.
 

Marc Cramer

© Yves Lacombe

ID – Quel est votre parcours académique et qu’est-ce qui vous a amené vers la pratique de la photographie d’architecture ?

MC – J’ai fait des études en Arts plastiques à Paris, suite auxquelles j’ai travaillé comme peintre décorateur dans des studios de cinéma, comme étalagiste dans un grand magasin parisien, et, en même temps, je faisais du mobilier en bois laqué pour un magasin new-yorkais. Pour poursuivre mes recherches en peinture, j’ai acheté mon premier appareil photo que j’ai très vite revendu pour acheter mon premier Leica. J’ai ensuite décroché mes premiers contrats de photo publicitaire et de photo de mode. Jean François Bauret, photographe de mode, me prêtait alors son studio. Je poursuivais parallèlement une carrière artistique, ce que je continue à faire aujourd’hui. Lorsque je suis arrivé à Montréal, j’ai été engagé au studio Arnott and Rogers comme photographe de mode pour des catalogues et des publications éditoriales. C’était l’époque des grands studios à l’américaine. J’y ai beaucoup appris au contact des autres photographes. Nous avons monté par la suite une petite agence de presse, mais les contrats étaient difficiles à obtenir à cause des syndicats qui géraient la photo de presse. Un peu par hasard, j’ai fait des photos pour un magazine de décoration, et suite à cette collobaration, j’ai travaillé de nombreuses années pour le groupe Québécor. Des amis me disaient toujours que je devrais faire des photos d’architecture, mais je pensais que je ne connaissais pas assez le sujet. Jusqu’au jour où j’ai finalement accepté un premier contrat. Les autres se sont ensuite vite enchaînés. 

ID – Quelle votre approche lorsque vous visitez un projet, qu’est-ce que vous regardez ?

MC – C’est infiniment complexe à expliquer, il y a tellement de choses qui entrent en ligne de compte. Être à l’écoute des besoins du client. Faire un repérage préalable, imaginer dans ma tête le déroulement de la prise de vue, analyser la lumière pour trouver les moments propices pour les plus beaux angles. Écouter son corps, à savoir comment on se sent à l’intérieur de ce bâtiment.

ID – Qu’est-ce qui rend un projet photogénique ?

MC – La créativité d’un bon architecte. Avec une belle architecture, c’est un plaisir de faire des photos, cette osmose aiguise ma créativité. 

ID – Comment travaillez-vous la lumière dans vos photos ?

MC – J’organise ma prise de vue en fonction de la provenance de la lumière et la laisse la plus naturelle possible. J’interviens par des ajouts uniquement si cela est nécessaire. Je la veux belle et généreuse. 

ID – Qu’est-ce qui vous passionne dans ce métier ?

MC – Lorsque l’architecture est superbe, cela procure la possibilité d’avoir une illumination intérieure sur le plan créatif. Forme, structure, lumière, organisation abstraite… Lorsque l’architecture est banale, il reste toujours un défi, celui de la rendre plus belle qu’elle ne l’est. Pour moi, ce métier est le reflet de la vie et c’est merveilleux.

Photo d'ouverture : © Pavillon pour la Paix du Musée des beaux-arts de Montréal, Atelier TAG/Jodoin Lamarre Pratte architectes.

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