Sobriété technologique et environnement verdoyant pour la nouvelle Station FinTech

VAD Designers d’espaces a réalisé le design de la nouvelle Station FinTech à Place Ville-Marie pour laquelle deux éléments contrastés ont guidé la démarche conceptuelle: hyperconnectivité et environnement naturel. Andréa Veilleux, designer de VAD, présente le projet.

Ce nouvel espace de travail totalisant 25 000 pi2 est destiné aux jeunes entreprises de l’industrie de technologies financières (FinTech).

«Il aurait été facile de tomber dans le cliché d’un environnement très technologique blanc laqué et épuré, mais on a choisi de ne pas aller là. Comme les usagers sont déjà tous bombardés par la technologie, on a décidé d’intégrer cet univers virtuel dans la trame de la Station et choisir un fini et des matériaux plutôt à l’opposé d’un environnement connecté et sobre», affirme Andréa Veilleux.

Les postes de travail sont ainsi conçus pour être accessibles et intuitifs, avec tout le nécessaire technologique, mais cet environnement virtuel ne se poursuit pas dans l’environnement élargi. «Ça va à l’encontre du bien-être de proposer constamment une multitude de stimulus», explique Andréa Veilleux.

Terreau fertile à l’innovation

«On s’est beaucoup inspiré de la terre. Cette idée de départ a guidé les choix de matériaux et de textures. L’environnement est très tactile. Il n’est pas lisse, mais empreint de maillages et de métissages. Notre objectif n’était pas de recréer un WeWork, mais on ne souhaitait pas proposer un endroit aseptisé non plus», dit Andréa Veilleux.

L’équipe de VAD a opté pour des textures naturelles et éclectiques, ainsi que l’intégration d’une grande variété de végétation. «Nous n’avons pas limité la végétation a un petit espace statique. Dans les espaces communs, des plantes tombantes pourront évoluer dans le temps. Elles ne prendront pas le dessus sur le design, mais presque», s’amuse la designer. «Les multiples types de pot et leur texture participent également à dynamiser l’espace. Par exemple, certains bouts d’îlots dans les aires ouvertes sont en fait des cache-pots.»

Les designers ont également mis au coeur de leurs préoccupations les besoins des futurs usagers. «Nous souhaitions offrir du choix. Par exemple, 20 types d’assises sont disponibles à la station. Il faut dire que c’était un défi pour le fournisseur, mais les gens peuvent maintenant travailler allongé, debout, sur des tabourets… C’est le même principe qu’à la maison», explique Andréa Veilleux.

Vitrine sur les acteurs d’ici

Une initiative de Finance Montréal, ce projet visait à contribuer au dynamisme des entreprises québécoises. L’approvisionnement en produits locaux a ainsi été privilégié. L’équipe de designers a fait le calcul: «92 % du projet est de provenance locale, soit fabriqué et distribué localement, que ce soit au niveau des matières, des matériaux, du mobilier» dit la designer.

L’agence MASSIVart a aussi participé à la composition d’une collection d’oeuvres d’art  intégrées aux espaces. Des oeuvres interactives, numériques, photographiques et sculpturales, d’artistes émergents québécois et canadiens prennent ainsi part au décor.

Symbolique d’élévation

Coup de coeur d’Andréa Veilleux, la structure métallique trompe-l’oeil de l’escalier représente une solution créative à ce qui se présentait initialement comme un défi pour les designers. 

«Une grande contrainte fut de devoir aménager la réception au 3e étage alors que les bureaux se poursuivaient au 2e. L’escalier descendait et il n’y avait pas de point focal au loin quand on arrive dans la Station. On est arrivé à tourner la contrainte à notre avantage en concevant une structure métallique ascendante qui donne l’impression que l’escalier monte», présente Andréa Veilleux.

La structure de métal plié est également symbolique au projet explique la designer: «Comme l’endroit est destiné aux startups, des entreprises en croissances, nous souhaitions que le regard soit porté vers le haut pour symboliser cette croissance.»

Et au sommet, des plantes verdoyantes reprennent le concept vivant qui se décline à travers tout le projet.

Crédits photos : Phil Bernard.

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