Portrait : David Boyer, photographe d’architecture

Index Design entame ici la poursuite de son dossier sur les photographes d'architecture en présentant David Boyer, fondateur de Boyer-Média. Entrepreneur investi et plusieurs fois primé, son travail présente une facture photographique sensible où la lumière occupe une grande place.

david boyer

©Jean Martin

ID / Quel est ton parcours académique et qu’est-ce qui t’a amené vers la pratique de la photographie d’architecture?

DB  / Ça a commencé parce que j’étais à la recherche d’un médium pour m’exprimer. J’ai étudié au cégep en art visuel et j’ai arrêté après la première session parce que je me suis rendu compte que mon médium n’était pas le dessin ni la peinture ou autre, mais la photographie. Par la suite, j’ai étudié la photographie commerciale au Collège Marsan pendant deux ans. Mon parcours comme photographe a été, dès le départ, marqué par une approche commerciale, mais je me suis spécialisé en photographie d’architecture par la suite parce que l’architecture m’a toujours attiré. Je regarde un édifice comme une œuvre d’art, c’est un domaine qui me fascine et j’adore parler avec les architectes. J’ai donc commencé à avoir des contrats en photographie d’architecture et avec les années, ça a débloqué et je me suis vraiment spécialisé dans ce type de photos.  J’ai réalisé que c’était ma branche et ce que je voulais faire.

ID / Quelle est ton approche professionnelle et photographique?

DB / Je suis photographe, mais je suis aussi un entrepreneur. Je suis très professionnel et je veux bien comprendre mes clients et leurs besoins. C’est vraiment ma priorité et c’est ce qui définit mon approche comme photographe. Je veux bien encadrer mon client dans son projet photo et m’assurer qu’il en ressorte satisfait et même qu’il fasse « wow » en voyant ses photos.  J’assure un bon suivi de projet et je fais pratiquement toujours un repérage sur place pour étudier les cadrages possibles et préparer la séance photo. Évidemment, ce qui m’attire le plus d'un projet comme photographe sont les angles, les perspectives et les jeux de lignes.  J’aime beaucoup les lignes droites, les angles droits. Je regarde aussi particulièrement la lumière d’un projet, comment elle se comporte. C’est en quelque sorte ma signature de photographe. On me dit souvent que mes photographies sont lumineuses et les clients m’approchent pour ça.

ID / Qu’est-ce qui rend un projet photogénique?

DB / En fait, ce qui rend un projet photogénique, c’est en premier tout ce qu’il y a autour, l’environnement dans lequel il se situe. La lumière y est aussi pour beaucoup. La façon dont le projet est éclairé selon le moment de la journée peut donner des photos très différentes et très saisissantes. Les contrastes apportent aussi beaucoup aux photos. Par exemple, je vais souvent proposer à mes clients de prendre les photos en hiver, car cela donne des beaux contrastes avec l’architecture. Je trouve ça super intéressant de faire dialoguer un bâtiment au revêtement foncé avec la blancheur du paysage. Les projets très rectilignes qui offrent des beaux jeux de lignes droites sont aussi photogéniques selon moi. C’est certain aussi que les projets plus hors normes, ceux où les architectes ont osé, ont un grand intérêt photographique pour moi. Cela me motive beaucoup et je cherche à transcrire leur caractère atypique à travers mes photographies.

ID / Comment travailles-tu la lumière dans tes photos?

DB / Quand j’ai appris à faire de la photo, on m’a toujours expliqué qu’une photo, c’est de la lumière. S’il n’y a pas de lumière, il n’y a pas de photo. Ce qui est super important, c’est de la comprendre. Pour chaque projet, il va y avoir une lumière particulière que je vais travailler.  Pour l’extérieur, je vais travailler en fin de soirée, entre chien et loup, pour avoir une belle lumière tamisée. Des fois aussi, je vais travailler au gros soleil pour obtenir beaucoup de contraste. Pour l’intérieur, je travaille surtout en fin de journée et aussi pendant les journées plus nuageuses. Il m’arrive souvent de prévoir des séances photos différentes pour l’extérieur et pour l’intérieur, car la lumière y est abordée différemment. Le facteur météo est vraiment à considérer. J’ai une signature photographique très lumineuse. Il me tient à cœur de capter les lumières et les couleurs d’un projet et d’en conserver le naturel, de ne pas les altérer. C’est pour cette raison que je ne rajoute aucune lumière artificielle. Je ne travaille jamais avec le flash et toujours avec la lumière ambiante pour respecter l’authenticité du projet.

ID / Qu’est-ce qui te passionne dans ce métier?

DB / Ce qui me passionne, c’est le côté dynamique, renouvelé qui est apporté par chaque nouveau projet. Ce n’est jamais la même chose car chaque projet est différent. Et chaque client est différent aussi. J’aime beaucoup rencontrer et discuter avec mes clients, car ils sont passionnés par leur métier. Pour moi, l’architecture est de l’art et je trouve vraiment stimulant de travailler avec ces gens-là. C’est même un privilège de les côtoyer. J’ai la passion pour l’art, la photographie, l’architecture, mais aussi celle de bien servir mes clients, d'être un entrepreneur. Tout ça ensemble fait que je me passionne réellement pour mon métier.   

 

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