Maison de brique: ode au patrimoine résidentiel de Montréal

Natalie Dionne Architecture a souhaité illustrer la capacité d’adaptation des maisons traditionnelles en donnant un nouveau souffle à cette maison du quartier Villeray. Derrière une façade typiquement montréalaise se révèle une demeure lumineuse, aérée et largement ouverte sur la cour.

La maison de brique comprenait trois logements de dimensions modestes avant de devenir un seul espace de vie de 1 850 pi2 grâce à l’intervention des architectes. Ce désir d’étendre l’espace s’est accompagné du souci de préserver les façades. L’architecte Natalie Dionne explique que son équipe a repris la maçonnerie rouge en veillant à la rendre plus contemporaine. 

Natalie Dionne

«On s’est amusé à modifier légèrement la façade arrière pour déjouer l’observateur, afin qu’il se demande si c’est une façade originale ou une façade nouvellement construite. Notre patrimoine architectural urbain montréalais est modeste, mais on y est attaché, c’est notre identité. Alors on cherche à le mettre en valeur, voir à le magnifier», présente Natalie Dionne.

À l’avant, la façade a simplement été restaurée après le retrait de l’escalier menant aux anciens logements à l’étage. La façade arrière a pour sa part été réinterprétée de manière épurée, avec des ouvertures plus généreuses. D’un côté comme de l’autre, la demeure s’harmonise avec ses voisines grâce à ses couleurs et le rythme de ses ouvertures.

Autre élément marquant de la physionomie de la maison, une cheminée de briques transperce le mur arrière à l’intérieur et à l’extérieur. «Elle s’est présentée comme une surprise par ce que ce n’est pas si typique, même plutôt rare qu’une cheminée soit positionnée dans le milieu de la façade», explique Natalie Dionne. Cet élément inhabituel vient renforcer la symétrie du bâtiment, fait le lien entre l’intérieur et l’extérieur, le pont entre l’ancien et le nouveau.

Dans la salle à manger, la brique rouge donne le ton aux espaces de vie qui occupent tout le rez-de-chaussée. Les riches nuances du noyer et de l’acajou dialoguent ainsi avec la brique et contrastent avec la sobriété des autres éléments.

 «C’est une approche que j’ai déjà explorée avec la Maison en U. J’avais eu à travailler avec un bâtiment industriel en brique datant des années 40. Pour son agrandissement, j’ai exploré l’idée d’utiliser des matériaux qui ont les mêmes tonalités que la brique originale, pour un effet d'unité et d’ampleur entre l’existant et le nouveau», dit l’architecte.

Le plancher de béton poli de la cuisine se prolonge également à l’extérieur sous forme de dalles de pierre. L’intérieur et l’extérieur sont ainsi intimement liés, d’autant plus que le plan ouvert du rez-de-chaussée et l’alignement des cloisons à l’étage permettent d’avoir, presque en tout temps, des vues sur la cour.

La maison de brique magnifie ainsi l’espace tout en préservant l’héritage du paysage urbain montréalais. «On est dans une période de changement climatique où on a tous intérêt à mettre en valeur notre patrimoine et éviter de le détruire», conclut Natalie Dionne.

Maison de brique est finaliste aux Prix d'excellence en architecture 2020 de l'Ordre des Architectes du Québec.

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Pour explorer davantage le design au service du patrimoine, assistez au RDX/Index-Design - Design et aménagement résidentiel. Guillaume Marcoux (Microclimat) présentera le cas de la Maison Cartier. Consultez la programmation ici et procurez-vous votre billet dès maintenant (places limitées). 

Le RDV est présenté par Céragrès.

Les partenaires associés de la journée sont Nespresso, Kohler, Celadon, Sub-Zero, Wolf, et Cove et les partenaires collaborateurs sont Kartell Montréal et LumiGroup.

V2COM et InfopresseJobs sont partenaires médias et événement.

Les formations sont accréditées APDIQ.

Crédits photos : Raphaël Thibodeau

 
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