LNDMRK: la promotion par l'art

Fondée en 2012, LNDMRK est une agence de marketing créatif située à Montréal. Depuis 5 ans, l'entreprise organise le Festival MURAL et multiplie les collaborations avec Sid Lee, Zara, l'OSM, YUL. Rencontre avec l'un des fondateurs, le passionné André Bathalon.

ID / Quel est ton parcours? Qui est derrière LNDMRK?

AB / Je suis l'un des co-fondateurs avec Alexis Froissart, Nicolas Munn Rico et Yan Cordeau. Les quatre on provenait de différents milieux et on collaborait déjà ensemble, avec l'envie de construire quelque chose autour des arts. Yan et moi, on sortait du Cirque du Soleil où on avait créé un projet artistique qui avait un angle marketing. C'est là qu'on a réalisé combien les arts avaient un pouvoir de communication et permettaient d'ajouter de la valeur à une initiative marketing. En sortant du Cirque, on s'est associé à Alexis et Nicolas qui provenaient du milieu de la mode et de l'événementiel.


ID / Qu'est-ce que fait LNDMRK? 

AB / On est une agence de marketing créatif qui utilise les arts comme vecteur principal. On travaille avec des compagnies, soit à des fins événementielles ou marketing pour impliquer les arts dès le début du projet. De facon très naturelle, voire organique, on s'est dirigé vers de l'intégration artistique : l'embellissement d'un lieu intérieur comme extérieur. Les projets varient selon le client, le budget, la valeur et les missions.

Aujourd'hui je dirais qu'on a une agréable balance entre les 3 services que nous offrons, nous faisons autant d'activation marketing que de production événementielle et d'intégration artistique. La représentation de certains artistes, comme c'est le cas avec Ricardo Cavolo, vient prendre une part de plus en plus importante.

Mural de Ricardo Cavolo pour l'aéroport de YUL Montréal

ID / Comment abordez-vous vos projets?

AB / Le client vient vers nous avec un besoin précis ou très vague. On l'accompagne jusqu'à définir les valeurs qu'il veut véhiculer et l'objectif qu'il a d'intégrer les arts dans son milieu de vie ou de travail. On présente aux clients différents styles, artistes, techniques, budgets. On établit une conversation, presque une danse avec le client. Le résultat est de trouver le ou les bons artistes qui sont capables d'articuler, de verbaliser les valeurs de la compagnie via la création d'oeuvres d'art. C'est excitant d'avoir à se challenger à chaque projet. C'est comme dans la série Mission : Impossible des années 60, il faut constituer son équipe selon les missions!

ID / Comment choisissez-vous les artistes avec qui vous travaillez?

AB / Le festival MURAL est une belle pépinière. C'est là où on peut tester les capacités d'un artiste, de savoir s'il est capable de produire sous la pression, et c'est aussi une façon de tisser des liens et de créer des relations avec eux. On travaille avec des artistes québécois comme internationaux. C'est sûr qu'il y a des artistes montréalais avec qui on collabore plus souvent que d'autres, car un client a aimé son travail dans le passé et le veut pour son projet, et puisque son travail est de plus en plus vu, il va avoir tendance à multiplier les contrats. Mais il nous arrive d'aller chercher des artistes en Afrique, en Espagne, en Australie. Pour le projet Royalmount avec Sid Lee, on est allé chercher l'artiste irlandais Maser pour faire le concept de base du projet. Il est venu 15 jours sur place puis des équipes de Montréal se sont relayées pour compléter le projet.

Il n'y a pas un artiste avec qui on travaille envers qui on n'a pas un coup de coeur. On est les premiers fans de ces artistes-là. Et c'est pourquoi on fait tout en notre pouvoir pour que l'oeuvre soit la plus près possible de ce que l'artiste désire dégager comme émotion. En nous impliquant dans l'oeuvre d'un artiste, ça nous permet d'être par la bande des artistes nous-même.

Oeuvre de Maser sur l'ancienne usine Salada pour RoyalMount

ID / Quel est le gros projet que vous avez eu à réaliser?

AB / C'est justement le projet de la Royalmount avec Sid Lee, qui consistait à faire une oeuvre d'art sur l'ancien bâtiment Salada, le long de l'autoroute 40. Sid Lee connaissait et aimait le travail de l'artiste, et lui a donc laissé beaucoup de liberté. Ça a été un gros contrat. En frais de peinture, ça a été deux fois plus de peinture que l'édition 2016 de MURAL sur un seul building. Ce genre de projet génère de l'intérêt, aide à développer les affaires et ouvre des portes, autant pour l'artiste que pour nous. 

ID / Avec quels matériaux réalisez-vous vos oeuvres?

AB / Les matériaux varient beaucoup. Si la majorité des oeuvres sont faites à la main, on peut appliquer des vinyles, des autocollants dans certains contextes. Est-ce que l'oeuvre doit durer dans le temps? Est-ce qu'elle est à l'extérieur? Est-ce qu'il y a un mouvement humain qui amène un risque de frottement et d'érosion? Ce sont tous des paramètres que l'on prend en compte. Le but est que le client n'ait pas de surprise. On prévoit aussi un budget de réparation si l'oeuvre est dehors ou dans un lieu passant afin que la pérénité de l'oeuvre soit la plus grande possible. 

Espace de bureau d'Écorce habillé âr Marc SIrus

ID / Est-ce un challenge de passer du 2D au 3D dans certains projets?

AB / Lorsqu'on a des oeuvres plus sculpturales à réaliser, on engage des artistes plus tridimensionnels qui occupent l'espace d'une façon différente. Le défi est dans le budget, dans les moyens de matérialiser nos ambitions, dans le fait de convaincre les clients que c'est un investissement. Avec Sid Lee, on a pu matérialiser le concept de l'artiste à 100%.

ID / Qu'est-ce que les clients apprécient chez LNDMRK?

AB / L'écoute, la découverte d'un artiste, la relation qu'ils vont créer avec lui et la communauté artistique. Une de nos grosses forces est la connaissance du milieu de la scène artistique, non seulement montréalaise, mais aussi internationale. Ça arrive souvent que les clients ont des paramètres locaux et veulent promouvoir des artistes locaux. Cela coïncide avec un de nos objectifs : exposer Montréal comme étant la capitale de la créativité dans le monde. 

ID / En ce moment se tient MURAL, que vous avez fondé en 2013. Pouvez-vous nous présenter ce festival?

AB / Les deux premières années, le festival ne durait que 4 jours, et c'est la 3e année qu'on a convaincu les commerçants et la ville de fermer le boulevard Saint-Laurent à la circulation automobile pendant 11 jours. On a une programmation composée de créations de murales en direct, d'expositions permanentes et éphémères faites par des artistes et des galeries, des conférences, des shows de musique intérieurs et extérieurs. On entame notre 5e édition et la programmation se bonifie, l'équipe grossit d'année en année, la superficie aussi, les ambassadeurs gagnent en nombre et importance, le rayonnement est de plus en plus gros. 
Habituellement, l'épicentre du festival est sur Saint-Laurent, et grossit d'année en année du nord au sud, d'est en ouest. Cette année, on se joint pour le première fois à la fermeture de la rue Saint-Paul, dans le Vieux-Montréal, où se déroule la 3e édition de la foire d'art mural. En mettant un pied dans l'un des lieux les plus touristiques à Montréal, on souhaite connecter tout ça : passer du fleuve au Mile End. Dans les prochaines années, un des objectifs de MURAL est de lier plusieurs arrondissements ensemble via une route artistique.

Le Festival MURAL se tiendra du 8 au 18 juin 2017.

 

Crédit photo : LNDMRK

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