Phyllis Lambert a passé un siècle à observer attentivement le monde qui l’entoure, à remettre en question ce qui est tenu pour acquis et à insister sur le fait que l’architecture est indissociable des conditions sociales, politiques et environnementales dans lesquelles nous vivons. La curiosité et l’attention critique qu’elle a apportées à la création du CCA continuent de façonner notre manière de penser, de questionner et de travailler aujourd’hui.
Phyllis Lambert
© Clara Gutsche
Plutôt que de se tourner vers le passé, 100Phyllis prend la curiosité et la pensée critique de Lambert comme point de départ pour aborder des questions qui continuent de façonner l’architecture et la vie publique aujourd’hui.
Phyllis Lambert
© Clara Gutsche et Roxanne Ross
Parmi les temps forts figurent À propos de demain, une série de conversations sur la photographie, l’écologie, les institutions, la ville et la conservation; L’exposition Le voisinage pose la question de savoir comment envisager une approche plus humaniste de la photographie d’architecture, et comment, et pour qui, nous concevons aujourd’hui les quartiers, en observant la manière dont les communautés habitent leur environnement et influencent ce qui est construit, ce qui ne l’est pas, ce qui est démoli et ce qui est préservé.
LOIS, un vaste projet réunissant une exposition, un film, une publication et un programme public, qui examine comment la législation façonne l’environnement bâti et comment elle pourrait devenir un instrument au service de la justice en matière de logement, de la justice environnementale et de la justice sociale; ainsi qu’un nouveau projet Sortis du cadre en trois volets — exposition, publication et programme public — consacré aux archives de Gillian Hopwood et John Godwin.
Phyllis Lambert at a meeting for the Milton-Parc project, 1980. ARCH279683, Milton Parc fonds, CCA
L’année verra également la publication de CCA Oral Histories: You can sit and think, and you have what you have to do, qui retrace la formation et l’évolution du CCA à travers les voix de celles et ceux qui l’ont façonné, ainsi que la poursuite de l’initiative lancée en 2023 avec Les vies des documents, qui explore notre Collection de photographies à travers les perspectives et les pratiques d’artistes contemporains. La deuxième exposition de la série réunira l’artiste congolais Sammy Baloji et le collectif indonésien Forum Lenteng en tant que co-commissaires, afin de reconsidérer le regard colonial présent dans la Collection de photographies du CCA à travers les œuvres d’artistes contemporains dont les pratiques se déploient le long de l’équateur.
Work session for Out of the Box: Gillian Hopwood and John Godwin selected by Nana Biamah-Ofosu
© CCA
Le CCA annonce également deux projets spéciaux : le documentaire à venir Lens Junkie, consacré à la pratique photographique de Lambert et au rôle que la photographie a joué tout au long de sa vie et de son travail, réalisé par Teri Wehn- Damisch et produit par le CCA, avec Alex Hercule à la conception de production, Sara Mishara à la direction de la photographie et Myriam Poirier au montage; ainsi qu’une nouvelle série de portraits de Phyllis Lambert au CCA par la photographe Clara Gutsche, qui a documenté avec une grande sensibilité la construction du bâtiment du CCA et la destruction du quartier Milton-Parc à Montréal.
Work session for Out of the Box: Gillian Hopwood and John Godwin selected by Farida Abu-Bakare
© CCA
Le CCA annonce également le lancement prochain des mémoires de Phyllis Lambert, My First Hundred Years, en janvier 2027, qui proposent un récit personnel des expériences, rencontres, questions et convictions qui ont façonné sa vie et son travail.
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APERÇU DÉTAILLÉ DU PROGRAMME 100PHYLLIS
Phyllis Lambert
My First Hundred Years (titre provisoire)
Sous la direction de Ron Graham. Copublié par le CCA et König Books
Date de parution : janvier 2027
Dans My First Hundred Years, Phyllis Lambert revient sur les expériences, les rencontres, les questions et les convictions qui ont façonné sa vie et son travail. À l’occasion de l’annonce d’aujourd’hui, le CCA partage des extraits choisis de plusieurs chapitres offrant un premier aperçu du récit de Lambert :Le CCA annonce également le lancement prochain des mémoires de Phyllis Lambert, My First Hundred Years, en janvier 2027, qui proposent un récit personnel des expériences, rencontres, questions et convictions qui ont façonné sa vie et son travail.
Le voisinage
Exposition, vitrines du hall
5 novembre 2026 – mai 2027
Commissariat : Katie Addleman, avec Laura Aparicio Llorente
Puisant dans la Collection du CCA, Le voisinage porte le regard au-delà des bâtiments, vers les personnes qui les habitent, les utilisent et les transforment. Réunissant des photographies qui abordent les communautés diasporiques, la migration, les formes de vie communautaire, les quartiers urbains en mutation, le logement social, le foyer et la famille, ainsi que les intérieurs partagés entre voisins, l’exposition envisage la possibilité d’une photographie d’architecture plus humaniste. Elle interroge également comment et pour qui nous concevons aujourd’hui les quartiers, en considérant la manière dont les communautés utilisent les environnements qu’elles habitent et influencent ce qui est construit, ce qui ne l’est pas, ce qui est démoli et ce qui est préservé.
De Montréal et Greenwich Village à Villa El Salvador, Casablanca, Miramas et ailleurs, l’exposition explore d’importantes séries de l’histoire de la photographie conservées dans la Collection du CCA; des photographies réalisées dans le cadre des commandes du CCA; ainsi que des photographies provenant des archives d’architectes de la Collection. Elle comprend également de nombreuses nouvelles acquisitions portant explicitement sur les liens entre les communautés et les environnements bâtis, témoignant de l’engagement continu du CCA envers l’architecture comme entreprise collective. Les œuvres présentées de Pok Chi Lau, Morris Lum et des photographes montréalais Carlos Ferrand et Clara Gutsche sont toutes de nouvelles acquisitions de la Collection. Une autre nouvelle acquisition présentée dans l’exposition, de Guido Guidi, a été offerte par l’artiste à l’occasion du 100e anniversaire de Phyllis Lambert, tandis que la photographie de Mario Cresci présentée dans l’exposition avait été offerte par Cresci à l’occasion de son 70e anniversaire.
À propos de demain
Une série de conversations dans la salle octogonale, à compter du 24 janvier, puis les 11 et 25 février et les 11 et 25 mars 2027; avec une installation des architectes montréalais Pelletier de Fontenay, présentée du 24 janvier au 28 mars 2027. Un programme conçu par l’équipe des commissaires et des programmes du CCA.
À propos de demain reprend un ensemble d’idées et de questions qu’on retrouve au cœur de la pensée et de la pratique de Phyllis Lambert en architecture. Durant deux mois, la Galerie octogonale du CCA servira de lieu d’accueil à des conversations portant sur la photographie, l’environnement, le logement, la transformation de la ville, le rôle des institutions et la responsabilité des pratiques architecturales. La galerie octogonale deviendra une agora où les personnes invitées et le public prendront place ensemble pour examiner les liens entre l’architecture et des questions plus larges de société et de responsabilité collective. Le format ouvre un espace à l’échange et au désaccord, en mettant en relation différentes formes de savoir et d’expérience.
Les conversations aborderont la manière dont la photographie et d’autres formes de représentation peuvent révéler, documenter et produire des connaissances sur l’architecture et la ville; la manière dont les institutions qui produisent, collectionnent, exposent et diffusent des savoirs sur l’architecture pourraient repenser leurs relations avec leurs publics; la manière dont les pratiques architecturales peuvent répondre aux transformations écologiques et à l’évolution des relations entre les mondes humains et non humains; la manière dont la préservation de la ville se confronte à la tension entre les besoins en logement et les conséquences environnementales de la construction, en interrogeant ce que préserver peut signifier aujourd’hui et si construire moins peut devenir en soi une position architecturale; et la manière dont les architectes peuvent demeurer responsables envers les personnes, les lieux qu’ils touchent et les conséquences de leurs décisions.
Plutôt que de revenir sur le travail de Phyllis Lambert dans une perspective commémorative, À propos de demain reprend ses idées comme autant de questions ouvertes. Des conversations les mettront en relation avec le présent, questionnant ce qu’elles peuvent révéler des conditions auxquelles nous sommes confrontés aujourd’hui et ce qu’elles peuvent rendre possible pour l’avenir.
LOIS
Exposition, film, publication et programme public
Salles principales, 18 mars – 24 octobre 2027
Commissariat : Francesco Garutti (CCA), en collaboration avec Alex Bozikovic, Shahab Mihandoust, Ecojustice, Amélie Hardy et Stan Douglas
Conception de l’exposition : Andrea Faraguna
Conception graphique : Our Polite Society
Comment le droit façonne-t-il l’environnement bâti et la pratique du design ? Pourquoi les villes ont-elles l’apparence et le fonctionnement que nous leur connaissons ? Et comment les architectes et les urbanistes pourraient-ils s’approprier les réglementations — codes du bâtiment, zonage, politiques environnementales — non pas comme des contraintes, mais comme des instruments de conception et de transformation ?
LOIS examine les cadres juridiques qui déterminent la manière dont l’architecture est produite et dont nous vivons ensemble. À un moment où les forces du marché, les stratégies politiques, les procédures administratives et les réglementations déterminent de plus en plus les conditions de l’environnement bâti, l’exposition interroge la manière dont l’architecture pourrait retrouver une capacité d’action face aux enjeux de justice en matière de logement, de justice environnementale et de justice sociale. Elle examine comment des cadres coloniaux, discriminatoires, extractifs et excluants ont façonné l’espace, tout en demandant comment ces cadres pourraient être compris, remis en question et réécrits.
L’exposition s’inspire de l’héritage de Lambert en tant qu’actrice de l’élaboration des politiques publiques et activiste — de l’impact du Seagram Building sur le rezonage de New York à des organisations telles qu’Héritage Montréal, en passant par son travail en matière de préservation urbaine.
Conçue comme une recherche mise en exposition, LOIS réunit des études de cas historiques et contemporaines issues de la Collection du CCA et de nouvelles commandes centrées sur des contextes canadiens. Documents d’archives, manuels, dessins et photographies révèlent l’évolution de la relation entre la production de l’espace et l’élaboration des politiques, tandis que les ateliers, studios et espaces d’assemblée intégrés à l’exposition deviennent des lieux actifs de discussion et de négociation.
Structurée en quatre parties, l’exposition s’ouvre sur une étude d’actions transformatrices et de cas marquants. Elle se poursuit dans trois galeries consacrées à des événements et enjeux actuels au Canada. Un court documentaire réalisé par le cinéaste Shahab Mihandoust est produit en collaboration avec Ecojustice, organisme de bienfaisance spécialisé en droit de l’environnement, autour de son travail visant à rétablir la place des voix inuit dans les processus décisionnels concernant l’Arctique. Une série d’entretiens menée en partenariat avec le critique d’architecture canadien Alex Bozikovic et réalisée par la cinéaste québécoise Amélie Hardy aborde la crise du logement à travers le Canada. Une dernière galerie est consacrée au travail du photographe Stan Douglas afin d’explorer les politiques de la propriété.
En abordant le droit lui-même comme un champ de pratique spatiale, LOIS demande ce qui devient possible lorsque les architectes ne se contentent pas de travailler dans le cadre des règles qui façonnent nos environnements, mais participent également à les imaginer et à les concevoir.
Sortis du cadre : Gillian Hopwood et John Godwin
Sélectionné par Olayinka Dosekun-Adeji, Nana Biamah-Ofosu et Farida Abu-Bakare Exposition, publication et programme public
Salle octogonale, avril 2027 – mars 2028
Gillian Hopwood (1927-2025) et John Godwin (1928-2023) ont étudié à l’Architectural Association de Londres avant de s’établir à Lagos et d’y fonder leur cabinet en 1954. Le Nigeria accède à l’indépendance six ans plus tard, et le couple exercera son métier pendant six décennies. Leur production est considérable : de la conception de mobilier aux plans d’urbanisme couvrant les différentes zones climatiques du Nigeria ; des travaux publics pour l’État nouvellement indépendant aux commandes privées d’une clientèle élargie dans une société en pleine transformation; de la construction en période d’essor à travers les crises économiques, jusque dans le XXIe siècle. Si Hopwood et Godwin sont issus de la lignée du modernisme tropical, l’étendue de leur œuvre transcende les périodes et les catégories stylistiques.
Afin de rendre accessibles des archives récemment léguées au CCA, cette dernière édition de la série Sortis du cadre est consacrée à AP218, le fonds Gillian Hopwood et John Godwin. Ce programme de résidence et d’exposition en trois volets invite
CCA Oral Histories:
You can sit and think, and you have what you have to do Publication
Sous la direction d’Albert Ferré et Martien de Vletter. (Disponible en mai 2027)
CCA Oral Histories: You can sit and think, and you have what you have to do
examine la formation et l’évolution du CCA à travers un ensemble d’histoires orales réalisées depuis le début des années 2000 avec des personnes qui ont façonné l’institution, notamment des directeurs et directrices, des commissaires, des membres du conseil d’administration et des donateurs d’archives. Aux côtés de Phyllis Lambert elle-même figurent John Harris, Nicolas Olsberg, Peter Rose, Eve Blau, Sylvia Lavin, Giovanna Borasi, Jean-Louis Cohen, Mirko Zardini, entre autres.
Fondé à une époque où plusieurs musées d’architecture voyaient le jour en réponse aux préoccupations liées à la préservation du patrimoine architectural, le CCA a développé un modèle institutionnel distinct réunissant collection, recherche, pratique curatoriale et engagement auprès du public. À travers des témoignages de première main, l’ouvrage retrace l’évolution de ce modèle et de la mission du CCA — depuis l’importance accordée, à ses débuts, à la constitution de collections et à la préservation des archives d’architecture, jusqu’aux expositions et recherches qui abordent les questions pressantes de la société contemporaine.
Olayinka Dosekun-Adjei (Lagos), Nana Biamah-Ofosu (Londres) et Farida Abu-Bakare (New York) à sélectionner des documents du fonds AP218 à partir des questions actuelles de croissance urbaine, de patrimoine et de communauté qui animent leurs pratiques. En abordant l’œuvre de Hopwood et Godwin à l’aune des préoccupations contemporaines, les archives cessent d’être le simple témoignage d’un héritage pour devenir une véritable matrice pour penser des approches environnementales, décoloniales et sociales.
Dans le cadre de la stratégie plus large du CCA visant à mobiliser ses fonds d’archives pour remettre en question et redéfinir le rôle de l’architecture aujourd’hui, les éditions précédentes de la série d’expositions et de publications Out of the Box comprennent des lectures du fonds Amancio Williams avec Studio Muoto, Claudia Shmidt et Pezo von Ellrichshausen (2023–2024); des archives Gordon Matta-Clark avec Yann Chateigné, Hila Peleg et Kitty Scott (2019–2020); du fonds Ábalos&Herreros avec OFFICE Kersten Geers David Van Severen, Juan José Castellón et SO-IL (2015); ainsi que des fonds Cedric Price, Aldo Rossi et James Stirling/Michael Wilford avec Anthony Vidler, Mark Wigley, Marco de Michelis, Philip Ursprung et Hubertus von Amelunxen (2003–2004).
En considérant le CCA à travers les voix de celles et ceux qui ont participé à son histoire, la publication ouvre également une réflexion plus large sur ce que peuvent faire les institutions culturelles : comment elles produisent et préservent les savoirs, répondent à l’évolution des conditions sociales et contribuent au débat public sur l’architecture et son rôle dans la société.
Cette publication bénéficie du soutien de la Graham Foundation.
PHOTOGRAPHY II (titre de travail) Exposition, Salles principales et publication Novembre 2027 – printemps 2028
En 2023, le CCA a lancé une série d’expositions visant à ouvrir de nouvelles voies pour explorer sa Collection de photographies, qui comprend plus de 65 000 photographies couvrant presque toute l’histoire de la photographie. Chaque exposition de la série réunit deux artistes-commissaires et les invite à aborder une partie spécifique de la Collection à partir de leurs propres perspectives, ainsi qu’à commander à d’autres artistes de nouvelles œuvres en réponse à cet ensemble de documents. La première exposition, Les vies des documents, présentée en 2023 et co- commissariée par Bas Princen et Stefano Graziani, était consacrée à des projets photographiques réalisés à partir des années 1970 par des artistes reconnus et établissait des parallèles entre les pratiques de recherche des photographes et celles des architectes.
La deuxième exposition de la série, qui ouvrira en novembre 2027, sera co- commissariée par l’artiste congolais Sammy Baloji et le collectif d’artistes indonésien Forum Lenteng. Prenant comme point de départ l’important ensemble de photographies coloniales conservé par le CCA, ils s’intéresseront aux héritages du colonialisme dans deux villes, Kinshasa et Jakarta, reliées par l’équateur et la forêt équatoriale. Des artistes et chercheurs invités issus de régions équatoriales recontextualiseront les photographies du CCA au regard du présent.
Lens Junkie
Film documentaire réalisé par Teri Wehn Damisch
Sortie prévue au printemps 2027
Le CCA annonce également le documentaire à venir Lens Junkie, réalisé par Teri Wehn Damisch, avec Alex Hercule à la conception de production, Sara Mishara à la direction de la photographie et Myriam Poirier au montage. En abordant la vie de Phyllis Lambert avec et à travers la photographie, le film fait suite à Citizen Lambert: Joan of Architecture, le documentaire que Damisch lui a consacré en 2007, et revient vers elle plus de deux décennies plus tard à travers le prisme d’une pratique qui a accompagné et nourri sa vie et son travail.
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Photo couverture : Phyllis Lambert © Clara Gutsche




