La maison Baie-Yelle: composition de matière locale au lac Simon

L’Abri a transformé ce chalet familial en résidence principale de 5400 pi2 pour loger une famille de 6 personnes. Le bâtiment largement ouvert sur le lac est formé de volumes imbriqués dont la tôle claire fait écho aux reflets de l’eau. La maison Baie-Yelle est reconstruite sur son empreinte pour offrir plus d’espace et de lumière.

Pour conserver l’héritage bâti, les architectes ont respecté le positionnement initial des volumes. «Nous avons souhaité reconstruire sur la même empreinte que le chalet d’origine, mais rendre l’espace lumineux et aéré», dit Nicolas Lapierre, M.Arch., associé fondateur de L’Abri.

Sur les berges du lac Simon, à Chénéville en Outaouais, le projet est dessiné en dialogue avec le lac tranquille et la nature environnante. L’extérieur recouvert de bois naturel et de tôle claire dissimule la maison dans son paysage naturel de grands érables matures et d’eau douce. Les éléments qui se projettent vers le lac portent le revêtement métallique qui rappelle les reflets de l’eau et le cèdre blanc qui recouvre l’étage provient de la région.

«Nous avions le désir de travailler avec la matière locale», explique Nicolas Lapierre. «Nous cherchions un équilibre entre une facture contemporaine, sobre et minimaliste. Le projet est largement tourné vers l'extérieur et l'introduction de matières locales réchauffe l'espace.» 

Le foyer de masse de pierre provenant de Mirabelle s’élève dans la double hauteur et fait office de point focal dans l’aire ouverte. L’escalier se fait plus discret: une structure d’acier brut surmontée de lattes de bois de drave récupéré au fond du lac le compose. Les passerelles à l’étage sont composées du même bois récupéré dans le lac.

La demeure dispose de plusieurs chambres et d’un atelier de peinture à l’étage. La chambre des maîtres possède une vue sur un petit toit vert ainsi que le lac au loin. Elle est adjacente à une salle d’eau qui présente une douche à la fois intime et lumineuse, surmontée d’un puits de lumière.

La relation entre intérieur et extérieur est soigneusement établie. L’orientation des volumes est pensée pour profiter des espaces en fonction du parcours de la lumière. À l’intérieur, un long espace traversant dispose le salon-déjeuner côté soleil du matin et la salle à manger côté plage où le soleil va se coucher.

Pour l’architecte qui a passé de nombreux étés à la Baie-Yelle, domaine familial, le charme du projet réside dans cette ouverture. «Mon coup de coeur est un geste simple, soit l'ouverture traversante du petit salon sur le côté, qui permet de voir le lac depuis l'arrivée en voiture et recrée un souvenir d'enfance qui marquait le premier moment d'excitation après le voyage depuis Montréal», relate-t-il.

Crédits photos: Raphaël Thibodeau et L'Abri

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