Apporter le bien-être dans une ville d'hiver grâce à une scénographie urbaine

Quelles solutions peut offrir le design en hiver, alors que les effets négatifs de l’isolement et de l'incertitude se font sentir? Pour le bien-être physique comme mental, et pour soutenir les commerces locaux, Félix Marzell, designer industriel, président fondateur de Dix au carré (Dix2), imagine une scénographie urbaine aux expériences joyeuses, à l'extérieur, en toute sécurité.

Notre nordicité implique que notre rapport à l’intérieur et à l’extérieur change avec les saisons. Alors que la première journée de terrasse est un succès assuré, à l’approche de l’hiver chacun se replie dans son cocon. Avec la pandémie, certains défis se présentent dans ce rapport à l’espace.

«Au printemps, les familles se sont retrouvées et les gens ont généralement expérimenté la production de leur propre pain ou la plantation de semences, par exemple», dit Félix Marzell en repensant au mois de mars, puis à l’été où l'on a pleinement profité de l’extérieur. «Maintenant, plus le froid arrive, plus on se renferme à nouveau dans un cocon. Cependant, en ville, il faut s’attendre à ce que les gens souhaitent s'aérer de leur petit appartement en janvier, en février. On voudra sortir, à la recherche d’expériences»

Félix Marzell

Dix au carré

Dans ce contexte, le design peut être salvateur, alors que tout le monde cherche à faire des activités, mais que la crainte de contagion est toujours présente. Le design est l’outil essentiel pour concevoir des expériences dans le respect des mesures sanitaires. 

«Les gens recherchent des parcours, plus que des destinations. L’idée de déambuler, de pouvoir s'arrêter un moment, puis de poursuivre son parcours fonctionne», affirme Félix Marzell.

Dix2 propose d’inventer des machines à jouer placées dans des décors qui sont agencés sous forme de parcours. S’il n’est pas possible de prendre une photo sur les genoux du Père Noël cette année, on peut très bien prendre la photo dans son chariot ou sur ses reines tout en respectant les consignes de distanciation.

«On imagine une scénographie urbaine où les gens créent leur propre histoire et leurs propres souvenirs de Noël. On dépose sur leur passage des éléments qui demandent peu de manipulation et qui leur permettent de jouer sans créer d’attroupement», explique le designer. 

Un mobilier passif, pensé de manière combinée peut ainsi répondre aux enjeux de tailles présents dans nos villes. Il faut simplement réfléchir en fonction du contexte et puiser à même le territoire naturel qui change au gré des saisons.

La forêt boréale, un endroit apaisant qui évoque facilement le bien-être, est un terreau fertile. «Je suis très inspiré par cette atmosphère qu’on retrouve dans les bois et je travaille beaucoup avec le merisier, arbre emblématique du Québec», dit Félix Marzell.

Une scénographie urbaine à l’échelle humaine, ludique et simple, répond tant au besoin de briser l'isolement des personnes qu’aux enjeux financiers des commerçants locaux en mal de clientèle.

«Plutôt que de miser sur du mobilier qui aura un gros impact visuel en attirant un grand regroupement, on crée un paysage où les passants s'approprient à leur manière les éléments. Vu de loin, il s’agit d’une composition vivante. En s’approchant, on réalise qu’il est question de multiples petites bulles séparées», explique Félix Marzell.

Dix2 fait partie des 17 équipes de design mandatées pour concevoir des stations hivernales qui animent la ville de Montréal. C’est l’équipe maillée à l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal pour aménager une station hivernale au Parc Lhasa-De Sela, sous le viaduc Van Horne. À découvrir bientôt!

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