Alexandre-de-Sève: mansarde d’ardoise patrimoniale et nouvelle volumétrie épurée

Restaurer une maison du 19e siècle tout en conservant le patrimoine et en créant un ajout contemporain à l’arrière, représente le défi relevé par Guillaume Lévesque architecte. Le bâtiment original de 60 m2 a été restauré et divisé en deux logements, contrastant avec la nouvelle maison de ville qui s’érige en asymétrie sur trois étages à l’arrière.

Cette façade avant de Ville-Marie à Montréal a été reconstruite de façon à retrouver les composantes d'origine, notamment au niveau de la mansarde en ardoise et des ouvrages d'ébénisterie. Les architectes ont par ailleurs pu prendre certaines libertés quant au modèle de briques et aux choix des couleurs.

«Nous avons pu aussi proposer pour la façade latérale du volume avant de très hautes ouvertures en bandeaux verticaux qui découpent le mur de briques», ajoute l’architecte Guillaume Lévesque.

Asymétrie des volumes arrières

«Les détails architecturaux réalisés par les artisans dans la restauration de la façade contrastent avec la volumétrie très simple et épurée de l'ajout contemporain arrière», dit Guillaume Lévesque. «Le désaxement des volumes arrière, la présence des grandes ouvertures vitrées et du porte-à-faux au-dessus de la terrasse viennent créer une asymétrie et un contraste fort avec le langage symétrique et patrimonial des détails architecturaux restaurés présents sur le bâtiment d'époque.»

Un ajout de 180 m2 sur trois niveaux à l’arrière du bâtiment a été réalisé. Il est imbriqué en «L» sur la maison. Cette intégration permet de conserver un espace libre pour maximiser l’apport de lumière naturelle dans les espaces de vie. La composition dégage aussi une grande terrasse extérieure ensoleillée prolongeant le niveau inférieur.

Un parement sobre de panneaux métalliques noirs recouvre l’ajout contemporain, offrant une lecture harmonieuse du bâtiment.

«Nous avons tenu à proposer aux clients pour la maison de ville et les logements, une volumétrie et une matérialité résolument contemporaine qui tranche avec le voisinage, mais qui représente l'époque à laquelle nous la construisons», commente l’architecte. «Deux époques se côtoient dans cette réalisation et chaque partie, avant et arrière, vient renforcer la position de l'autre dans la composition et le langage architectural de l'ensemble.»

Matérialité soignée

À l’intérieur, les planchers en chêne blanc huilé et disposé en chevrons ajoutent de la chaleur, tout en dissimulant un plancher radiant. La terrasse constituée de planches de cèdre huilé qui remontent sur les bacs de plantations et sur le dessous du volume en porte-à-faux crée un ensemble harmonieux.

Dans la cuisine l'îlot est revêtu d'une dalle de marbre qui crée un effet monolithique. La table composée de chêne blanc y est annexée et se prolonge en un comptoir qui longe la pierre. 

Percées de lumière au garage

Le sous-sol comprend un garage double dont le plafond est recouvert de pruches et la porte est dissimulée. Le haut du garage laisse pénétrer une bande de lumière naturelle sur toute la longueur de l'allée véhiculaire.

«Cet espace de circulation automobile aurait pu être sombre, terne et gris. Il devient plutôt un espace intéressant avec les percées de lumière et les jeux d'ombres sur la structure d'acier galvanisé. La mise en lumière de la végétation et des feuilles de vigne s'accrochant sur le béton du mur de soutènement et sur les poutres et les colonnes vient créer une surprise dans ce lieu de transition pratiquement tout en béton», dit Guillaume Lévesque.

Crédit photo: Charles Lanteigne Photo

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