Le théâtre Le Diamant: entre innovation nécessaire et devoir de mémoire

Le Diamant sur la Place d’Youville à Québec brille tant par sa richesse patrimoniale que technologique. Cette salle riche de possibilités artistiques avec ses multiples configurations offre par le fait même la possibilité de distancier les spectateurs en prévision de la réouverture des salles de spectacle. Regard sur ce projet par Coarchitecture, in situ atelier d’architecture et Jacques Plante architectes.

À l’extérieur: une intervention contemporaine intégrée au patrimoine

Le Diamant s’intègre harmonieusement aux édifices avec lesquels il compose, l’ancien YMCA et le Capitole de Québec. La préservation de l’ossature de bois du YMCA et sa mise en valeur reflète le souci des concepteurs de préserver le patrimoine des lieux. 

La volumétrie de la toiture mansardée est reconstituée telle qu’à l’origine avec revêtement en tuiles d’ardoise et cuivre étamé. Derrière l’édifice restauré émerge un volume de verre orienté en diagonale selon des axes fondateurs de la ville. Finalement, la nouvelle salle de spectacle en béton brut est dissimulée en troisième plan.

On entre dans le Diamant à partir de la Place d’Youville à l’endroit où se trouvait le hall de l’ancien Cinéma de Paris. Les halls d’entrée revêtus de surfaces noires réfléchissantes commémorent l’ancien hall du cinéma par un jeu de réflexions et l’œuvre de Claudie Gagnon en façade reprend la place et la forme de l’ancienne enseigne. Plusieurs éléments à l’intérieur témoignent de l’époque d’origine.

À l’intérieur: une salle modulable et technologique

Alors qu’il sera bientôt possible de réinvestir les salles de spectacle, les regards sont tournés vers la manière de procéder et les aménagements requis. Le tout devra se faire avec précaution et le souci de rassurer l’occupant. L’aménagement du Diamant est adapté pour apaiser les visiteurs et assurer leur confort.

Le hall d’entrée possède deux séries de portes extérieures. Il est ainsi possible de placer l’entrée devant la rue Saint-Jean et la sortie sur la rue des Glacis. L’escalier revêtu de bois qui accueille les visiteurs est monumental. Il se divise en deux sous-escaliers dans son second segment, ce qui permet également une circulation à sens unique.

La salle principale comporte quatre accès localisés à deux niveaux différents. L’entrée se fait par le haut et la sortie par le bas. Cette configuration permet encore une fois de créer deux circuits distincts à sens unique. Dans la salle, c’est la flexibilité des gradins notamment qui contribuera à assurer une meilleure expérience pour les visiteurs.

«Les gradins amovibles et la polyvalence de la salle principale permettent de s’adapter à différentes configurations: Italienne, bifrontale, à plat. On peut ainsi réduire la jauge en enlevant des bancs pour distancer les spectateurs et limiter la densité perçue à un niveau sécuritaire. La distanciation est beaucoup plus facile à réaliser que dans le cas d’une salle fixe, ce qui aidera à procurer un sentiment de sécurité aux occupants», explique François Cantin, directeur avant-garde et chargé de projet de Coarchitecture.

Le Diamant bénéficie de sièges et de rangées disposés de manière plus espacée qu’à la normale. Ils offrent plus d’espace aux spectateurs et la possibilité de répondre aux nouvelles mesures de distanciation sans trop compromettre l’occupation de la salle.

Le projet est nominé dans la catégorie “Réutilisation adaptative” des AZ Awards 2020 et il est lauréat du prix d'excellence de l'OAQ dans la catégorie "Bâtiments culturels".

Crédits photos: Stephane Groleau.

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