Photographe d’architecture - Stéphane Brugger

Depuis plus de dix ans, Stéphane Brugger révèle la qualité des projets d’architecture québécois à travers son objectif. Cette solide expérience combinée à la passion qu’il porte à son métier lui valent d’être l’une des figures de proue de la photographie d’architecture à Montréal et au-delà. Portrait.

Stéphane brugger

© boris Sankowski.

ID – Quel est ton parcours académique, et qu’est-ce qui t’a amené vers la pratique de la photographie d’architecture ?

SB – J’ai suivi un cours de photographie commerciale vers la fin des années 90. J’avais déjà un intérêt pour la photographie d’architecture, mais, à l’époque, nous n’étions pas arrivés à l’ère du numérique. C’était extrêmement complexe, et ça demandait un équipement très poussé avec énormément d’éclairage. Je ne disposais pas de ce genre de moyens en sortant de l’école. J’ai donc fait plusieurs choses : du portrait, un peu de mode et toutes sortes de mandats en photo. J’ai alors développé une sensibilité pour le travail du contexte. Même quand je faisais des photos de mode, j’aimais jouer avec le contexte architectural ou l’environnement dans lequel les modèles posaient. Je n’étais pas du genre à faire du studio. Ensuite, l’amélioration des caméras numériques a amené la démocratisation de la photo d’architecture. Dès que l’équipement est devenu plus accessible, j’ai sauté sur l’occasion, et j’ai commencé à travailler en digital.

ID – Quelle ton approche quand tu visites un projet ?

SB – J’aime arriver à créer des compositions intéressantes avec un édifice ou un environnement intérieur. Je recherche des cadrages, des façons de composer avec les éléments qui vont mettre en valeur le projet. Pour cela, j’aime prendre le temps de l’explorer pour le comprendre et détecter son potentiel photographique. Je travaille aussi en étroite collaboration avec mes clients, et j’essaie toujours de m’adapter à ce qu’ils recherchent et à leur budget. Il est certain que l’idéal est de faire d’abord un repérage avec le client, de faire le tour du projet et une prise de vue rapide pour avoir un premier aperçu de ce qui peut être intéressant en termes d’angles et de compositions. Ça permet une meilleure préparation pour la prise de photos « officielle ».

ID – Qu’est-ce qui rend un projet photogénique ?

SB – Il est certain que les projets avec de beaux jeux de lignes, un peu plus minimalistes ou très graphiques se photographient plus facilement. Il y a des projets qui sont très beaux, mais plus difficiles à rapporter en photo, parce qu’ils se prêtent moins à créer des compositions intéressantes. L’architecture très contemporaine se photographie en général quand même assez bien.

ID – Comment travailles-tu la lumière dans tes photos ?

SB – Je travaille presque toujours avec la lumière naturelle. L’arrivée de la technologie a aussi permis de pouvoir bien mettre en valeur la lumière ambiante dans les projets. En fonction du type de projet, je favorise différents moments de la journée et types de luminosité. Pour les intérieurs, à moins que ce soit intéressant qu’il y ait du soleil qui rentre dans la photo, une journée voilée est préférable. Par contre, pour les extérieurs, c’est vraiment variable. Le soleil peut être à la fois très intéressant et problématique à cause de toutes les ombres qui peuvent être créées par les arbres ou d’autres édifices par exemple. J’aime aussi beaucoup la lumière de fin de journée, la « blue hour » qui rend bien en photo, car elle est très atmosphérique. Le travail de la lumière est intéressant puisque chaque projet est différent, et que c’est vraiment du cas par cas. On ne peut pas photographier un projet en mode automatique. Si on veut bien faire, il faut chaque fois se demander quelle est la meilleure façon d’y arriver. 

ID – Qu’est-ce qui te passionne dans ce métier ?

SB – Ce n’est pas une chose en particulier, mais un ensemble de choses qui font que j’adore ce métier. Peut-être le fait de pouvoir travailler à mon rythme et celui de me remettre en question à chaque nouveau projet pour trouver la meilleure façon de le photographier. C’est un défi constamment renouvelé. C’est ce qui fait que je pratique la photographie d’architecture depuis une dizaine d’années, et que je ne m’en lasse pas du tout. Je me vois faire ça jusqu’à la fin de ma carrière.  

Photo d'ouverture : Pavillon Pierre Lassonde par Provencher Roy Architectes.

 

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