Entrevue : la technologie au service de l’expérience muséale


Comme nous avons pu le voir avec les robots d’After Dark et La bibliothèque, la nuit, expérience muséale rime de plus en plus avec expérience interactive. Mais comment choisir la technologie la mieux adaptée à une exposition ou à un événement ? Pour le savoir, nous nous sommes entretenus avec Pierre Ménard, producteur chez TKNL et responsable de son secteur muséal.

Quand on demande à Pierre Ménard comment la technologie peut transformer l’expérience muséale, il nous rappelle d’emblée l’importance, dans le cadre d’un projet d’exposition ou expérientiel, de demeurer prudent et de déterminer d’abord le rôle et la place qu’on souhaite accorder à la technologie dans celui-ci. « C’est un outil formidable aux possibilités quasi infinies, mais c’est un outil, sans plus, avec ses avantages et ses inconvénients », précise-t-il. « Il faut donc l’analyser et s’en servir avec discernement. Le réflexe, pour bien des gens, est de considérer la technologie comme une panacée, comme LE truc incontournable et à la mode, qui va attirer les foules, en particulier les jeunes. S’il n’y a pas de réflexion au préalable, pas de contenu en appui, s’il n’y a pas de démarche et de vision globale du projet ou de l’expérience, on risque d’assister bien vite à un feu de paille. »

Pour le concepteur et producteur de projets d’expositions, la technologie doit permettre de mieux transmettre un message, de mieux raconter une histoire, de mieux faire vivre une émotion ; autrement dit, de faire grimper d’un cran la qualité de l’expérience du visiteur. Si elle n’y parvient pas, le jeu n’en vaut peut-être pas la chandelle. Il s’agit donc de trouver celle qui est la plus efficace et la mieux adaptée. « Et souvent, ce n’est pas celle que l’on croit ! », souligne le spécialiste. « Il est impératif d’amorcer un projet avec une vue d’ensemble, à la fois du contenu et du contenant. » À titre d’exemple, il nous parle de Ceci n’est pas un parapluie, une exposition immersive et interactive hautement technologique sur la météo, qui a ouvert ses portes cet été à la Biosphère de Montréal.

L’équipe muséale de TKNL a conçu et réalisé l’expo de A à Z pendant plus d’un an et demi. « On a eu presque carte blanche pour ce projet, ce qui est fabuleux. On a eu la possibilité d’explorer, d’expérimenter, de discuter et de proposer différentes approches technologiques ou non. On a pu aussi tester des choses à l’interne en R&D. C’est important de développer différentes façons de faire, d’explorer différentes manières d’exploiter la technologie pour pouvoir proposer des approches originales et surtout la meilleure solution à un problème donné. Mais ce qui a été extrêmement important, et donc extrêmement intéressant, pour nous dans ce projet, c’est d’avoir pu développer tout l’ensemble en parallèle, à la fois le contenu et la façon de le livrer, mais aussi le scénario, le design, le graphisme et la technologie... »

À découvrir en deuxième partie : la place de l’interactivité dans l’expérience muséale.

* Ce texte fait partie d’une série d’articles sur les expériences inspirantes en technologie présentée par TKNL.

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