Photographe d’architecture - Maxime Brouillet

Reconnu pour le regard sensible qu'il porte sur les projets de La SHED architecture, Maxime Brouillet présente une approche personnelle et artistique de la photographie d'architecture. Rencontre avec un créatif féru d'art et de beauté.

Maxime Brouillet 

© Maxime Lévesque.

ID – Quel est ton parcours académique et qu’est-ce qui t’a amené vers la pratique de la photographie d’architecture ?

MB – J’ai un parcours académique qui combine le cinéma et la photographie. Après une majeure en production cinématographique à l’Université Concordia, j'ai entrepris une mineure en photographie. Pour moi, c’était un mixte parfait, parce que j’avais vraiment envie d’ajouter la photo à mon bagage en cinéma. C’est suite à l’exposition « Visite d’atelier », présentée à la Maison de la Culture, que j’ai commencé à développer un œil et une sensibilité pour le construit. La photographie d’architecture est arrivée ensuite par hasard quand j’ai été contacté par La SHED pour faire un test photo pour un de leur projets. Ça a fonctionné et c’est à ce moment-là que j’ai démarré ma pratique en tant que photographe d’architecture.

ID – Quelle est ton approche quand tu visites un projet ?

MB – En fait, le moment du shooting est une collaboration entre les architectes et moi. D’une certaine façon, les concepteurs sont aussi des photographes, car ils réalisent des rendus 3D qui sont à la limite de la photographie. Ils ont leur idée sur les images à prendre du projet, les vues d’ensemble ou bien les aires de circulation, par exemple. Ils guident ainsi mon œil quand je visite le projet. Avec mon regard de photographe, je vais plutôt chercher des détails, des textures ou bien des jeux de lumière qui ne sautent pas aux yeux, mais qui rendent justice au projet. Je réussis à mettre de l’avant des clins d’œil qui font du bien dans une couverture photographique, car ils y apportent un rythme et une diversité, et même une fraîcheur, je dirais. Mon travail complète la vision des architectes par rapport aux images à faire du projet.

ID – Qu’est-ce qui fait une bonne photo de projet ?

MB – Une belle photo est parfois juste le fruit de l’expérience de la présence sur le lieu. Par exemple, un rayon de soleil qui apparaît de façon inattendue. Je suis un peu improvisateur, et je ne planifie pas tout justement pour rester attentif à ce qui se passe sous mes yeux. C’est aussi stimulant pour moi quand je photographie un projet qui est unique, où les concepteurs ont réussi à sortir des tendances du moment.

ID – Comment travailles-tu la lumière dans tes photos ?

MB – Je travaille seulement avec la lumière naturelle. Il faut être très attentif, car même si je peux prévoir par où elle va entrer dans un espace, il peut toujours y avoir des imprévus dus à la météo. Je pense qu’il faut rester « ouvert » à la lumière et faire confiance à l’aspect très naturel qu’elle donne aux photos. Je capture ses effets, mais il y a aussi parfois des zones qui restent dans l’ombre. Ça fait partie de ce type de lumière et il faut assumer ça. C'est ce qui en fait l'intérêt et la beauté.

ID – Qu’est-ce qui te passionne dans ce métier ?

MB – C’est sûrement dû à mon attachement aux Beaux-Arts, mais je trouve tellement intéressant de visiter et d’explorer des lieux esthétiques. C’est aussi un privilège d’en côtoyer les concepteurs et les clients, et de participer au sentiment de fierté et d’accomplissement qui accompagne la fin des projets. C’est une recherche commune entre plusieurs personnes pour produire du beau. Me retrouver dans des environnements aussi bien conceptualisés est très inspirant. Pour moi, c’est un grand privilège.

Photo d'ouverture : FAHOUSE. © Jean Verville Architecte.

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