Expérience muséale : la place de l'interactivité

La technologie est très présente dans les musées à vocation scientifique. À défaut, le plus souvent, d’artefacts ou d’objets réels à présenter, ce sont d’abord des concepts et des abstractions qui doivent y être vulgarisés. Dans cette deuxième partie d'entrevue, Pierre Ménard, producteur chez TKNL et responsable de son secteur muséal, revient sur l'intérêt du recours à la technologie dans ces milieux. 

« J’ai eu la chance de travailler aux toutes premières expositions permanentes du Centre des sciences de Montréal au tournant de l’an 2000, raconte Pierre Ménard. Le recours à la technologie était déjà la voie à suivre par le biais de l'audiovisuel, du multimédia et de l'interactivité sous toutes ses formes. Pour expliquer une logique ou des principes scientifiques, ou encore montrer comment les choses fonctionnent, l’image virtuelle, le schéma animé, le jeu interactif n’ont pas leurs pareils. Les concepts deviennent intuitifs, faciles à comprendre, amusants et surtout plus efficaces que par la lecture d’un texte. » Pierre Ménard est par ailleurs convaincu que la technologie ne doit pas se limiter à la vulgarisation scientifique. Elle peut et doit s’imposer dans toutes sortes de milieux, notamment dans les expositions de nature artistique. À condition d’en user judicieusement.

Selon lui, la technologie se doit aujourd’hui de s’aventurer au-delà du simple tape-à-l’œil. On peut y avoir recours pour capter, dans un premiers temps, l’attention du visiteur, puis lui transmettre une information. On se rapproche alors de ce qu’elle peut faire de mieux : contribuer à enrichir l’expérience autant du côté du contenant que du contenu. « Ce que mon équipe et moi souhaitons par-dessus tout dans les expériences immersives ou interactives que nous créons, c’est que les visiteurs aient envie de les revoir ou de les revivre. Nous devons faire en sorte que l’expérience soit tellement riche qu’ils n’aient jamais l’impression de revoir la même chose. Nous devons aussi veiller à faire vivre au visiteur une chose qu’il ne peut expérimenter chez lui. Par exemple, donner accès à une abondance de textes descriptifs dans un musée n’ajoute pas grand-chose à l’expérience du visiteur. Il peut fort bien trouver lui-même ces informations en ligne. Nous devons être originaux dans notre approche. Il faut avant tout intéresser les gens à un sujet donné, déclencher chez eux l’envie d’en savoir plus, leur faire comprendre une notion, un principe, une idée générale, sans avoir à l'expliquer par des mots. On y parvient en faisant d'abord confiance au visiteur et en lui permettant d’agir de façon intuitive », conclut Pierre Ménard. 

À découvrir en troisième partie : la place de l’intuitivité.

* Ce texte fait partie d’une série d’articles sur les expériences inspirantes en technologie présentée par TKNL.

 

 
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