Projet Les Marlowe : réhabilitation d’une maison unifamiliale

La designer Martine Brisson a identifié les principaux problèmes d'aménagement de cette résidence des années 40 afin d’adapter ses modifications aux besoins du jeune couple de propriétaires. 

Perte d'espace, organisation désuète, cloisonnement des pièces, couloirs étroits et manque de lumière naturelle font partie des réalités indésirables que la designer devait enrayer au départ du projet de réhabilitation de la résidence. Martine Brisson a donc décidé d'abattre tous les murs intérieurs et de repartir à zéro. 

Par contre, la solidité de la structure existante se devait d'être conservée. Cette contrainte majeure fut résolue à l’aide de l’installation de poutrelles en acier de longue portée, et de deux modules verticaux pleine hauteur. En l’absence de murs porteurs, ces soutiens servent au transfert des charges, l’un disposé au centre du plan en T, l’autre dans l’aile sud de la résidence. 

L'importance des déplacements 

Martine Brisson mise sur un design d'intérieur qui porte une attention particulière aux déplacements du résident. « C’est le point de départ le plus important d’un projet. À mon sens, les circulations devraient déterminer la volumétrie des espaces ».

Cette circulation fluide donne aux propriétaires le choix d'utiliser plusieurs chemins pour se déplacer d’une pièce à l’autre.

L’entrée, qui donne directement dans la pièce à vivre, délimite la configuration des espaces de vie de la résidence. « Plus on avance, plus on pénètre dans l’intimité des propriétaires », explique la designer. En parallèle, un travail d’envergure a été réalisé au niveau de la fenestration du projet, notamment avec l’ajout d’ouvertures dans l’aile sud et avec l’agrandissement de fenêtres existantes.

Au rez-de-chaussée, ces ouvertures permettent aux pièces à vivre de laisser entrer davantage de lumière naturelle. En modifiant la perception des volumes, le lieu donne l'impression d'être plus vaste qu’il ne l'est en réalité. Cet effet est renforcé par l’uniformité des traitements de surface : palette monochrome composée de couleurs neutres, chêne blanc sans nœuds pour les parquets et chêne espresso thermoformé pour les espaces de rangement. 

Pour la cuisine, « la cliente souhaitait un plateau d’îlot en marbre blanc de Carrare. Après discussions, elle a accepté ma proposition d’un marbre veiné gris, le Calacatta, utilisé de manière intensive ». Recouvrant l’îlot en entier, les plans de travail et les retours d’armoire, ce matériau devient l’élément central de l'environnement minimaliste.

Un module allant du sol au plafond fait office d'élément porteur et remplit diverses fonctions supplémentaires. Du côté de la salle à manger, il structure notamment l’escalier menant au sous-sol, en plus d'isoler en partie la cuisine à aire ouverte. 

Dans la sphère privée de l’aile sud, la chambre à coucher principale et la salle d’eau partagent l'espace. Un pan de mur s’adossant à la cabine de douche assume le rôle de soutien architectural. Il permet de définir les deux zones sans fractionner le volume, tout en procurant l’intimité nécessaire à chacune des pièces.  

 

Fiche technique

Nom du projet : Les Marlowe
Design intérieur : Martine Brisson
Ingénieur en structure : Prospect Plus
Rangements : Yara by Cesar, Pure Cuisine
Marbre, carrelages en porcelaine : Ramacieri

Photos : Pierre Béland

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