Le créateur Michaël Godmer lance une firme de design intérieur

Après quelques années au sein de l’entreprise 45 Nord atelier, le jeune designer fonde ce mois-ci sa firme éponyme, Michaël Godmer designer. Retour sur son parcours, ses projets et ses aspirations.

Parcours scolaire et professionnel

Étudiant au DEC en design d’intérieur au Cégep Marie-Victorin, Michaël décroche pendant ses études un premier emploi pour le ministère de la Sécurité publique, où il travaille à la rénovation globale de la prison de Bordeaux à Montréal. En 2010, à l’occasion de son vernissage de fin d’études, il rencontre de Stéphanie Cardinal, présidente d’Humà design, qui lui propose un poste de pigiste au sein de son équipe. Il y travaillera pendant un an, avant de décider de retourner faire un baccalauréat en design de l’environnement à l’UQAM.

Pendant son bacc., il continue de travailler à temps partiel pour Humà design, tout en prenant quelques autres contrats en tant que pigiste. À l’obtention de son diplôme en 2014, il fait le choix éclairé de créer sa propre entreprise. Puis, en 2015, il s’associe avec une amie technicienne en architecture pour fonder 45 Nord atelier. « 45 Nord atelier nous a apporté beaucoup, mais je décide de poursuivre de mon côté afin de renforcer ma vision sur le design. »

Philosophie et aspirations

« Je me vois comme professionnel en design intérieur, mais aussi comme passionné du design, du beau, des cosmétiques et des voyages. Je propose donc un design multidisciplinaire, qui évolue avec notre mode de vie, dans un environnement libre où je partage mes connaissances avec d’autres intervenants. Je vois mon atelier composé de graphistes, architectes, ingénieurs, techniciens et designers, tous pigistes, mais travaillant parfois ensemble sur des projets communs. Créer des équipes, mais dans un seul but : partager. »

« Je définirais les espaces que je crée comme intemporels, simples, authentiques. Qui racontent l’histoire du lieu et de la personne qui l’habite. Je veux rendre le design plus accessible, moins élitiste; tout le monde a droit à du beau, à du bonheur. Je crois fermement qu’il est possible de changer la vie des gens par le biais du design. Sans aucune prétention, c’est ce qui me motive. Je veux véhiculer l’émotion, le vivant et l’humain. »

Projets

En lien avec sa philosophie, Michaël désire s’orienter davantage vers des projets à petite échelle, tels des cafés, des restaurants, des boutiques ou des projets résidentiels. « J’ai réalisé la dernière année trois commerces dans un même bâtiment. Ce qui les unit, c’est l’humain derrière le projet. Trois jeunes entrepreneurs ont eu du fun à monter leur entreprise et je suis fier d’avoir pu les soutenir dans ce processus. Donc que ce soit en résidentiel ou commercial, je préfère faire affaire avec l’humain et ses émotions, moins avec un tableau Excel et du rendement. »

Réalisations

Ce dernier projet a été révélateur pour le jeune designer et a fortement contribué à fonder sa vision. « Dans le bâtiment commercial dont je parlais plus haut, il y avait aussi six logements. Une amie a acheté ce bloc, puis on a eu la chance de collaborer à ce beau projet que je qualifie de communautaire. C’était un endroit sans âme, souillé, pour lequel personne n'avait d’appartenance. On a travaillé avec les gens qui y habitent; on les a tout simplement écoutés. Aujourd’hui, devenus des amis, ils se réunissent sur la nouvelle terrasse, visitent le café en bas, achètent local leur vrac dans l’épicerie fine. C’est un véritable village. Ils nous remercient, ils sont fiers et racontent leur histoire à tous les passants. C’est extrêmement inspirant et c’est pourquoi je crois que le design peut changer des vies. Je me dis que si je fais bien mon travail, ça n’aura que des répercussions positives pour tous. »

 

Crédit photo d’ouverture : Zaina de Zaphotography

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