La boutique C’est Beau par Obiekt : un design commercial nouveau genre

Une toile de fond brute et épurée, des blocs de couleur dans des matières riches et nobles ainsi que du mobilier délicat aux lignes arrondies donnent charme et caractère à la nouvelle boutique C’est Beau située sur l’avenue Mont-Royal.

Il y a des opportunités qu’il faut savoir saisir. C’est ce qu’a fait l’architecte Philip Staszewski le jour où il a reçu un appel de C’est Beau lui mentionnant son désir d’ouvrir une boutique physique en complément à son site de vente en ligne. Il a tout de suite proposé ses services. C’est que lui et son associée chez Obiekt, Gabrielle Rousseau, avaient envie de refaire des projets en architecture et en design intérieur après avoir passé beaucoup de temps ces dernières années à gérer la production d’objets en série conçus dans les débuts de la compagnie.

Comme C’est Beau ne vend que des produits québécois, architectes et client se sont dit, lors de la première rencontre, que « ça serait vraiment décevant de promouvoir ces objets locaux sur du mobilier IKEA », témoigne Philip Staszewski. Forts de leur expérience en design industriel, les deux architectes étaient convaincus de pouvoir créer du mobilier sur mesure malgré le budget restreint. Obiekt a ainsi eu carte blanche pour concevoir le mobilier en plus d’aménager l’espace de la boutique.

Le mandat était de projeter dans ce lieu physique la même image qui émanait déjà du site web de l’entreprise. Une plateforme en ligne tout de blanc, épurée, où même les produits offerts sont photographiés sur fond blanc. La boutique et son mobilier devaient donc s’inscrire dans cet esprit minimaliste. « L’intention, c’était de faire du mobilier très fin, très délicat, blanc aussi, qui met en valeur les produits et les artisans », explique l’architecte.

Le site web transactionnel, où les produits sont regroupés en différentes catégories, a aussi servi d’inspiration pour l’aménagement spatial de la boutique. On trouve au centre du local une grande table servant à mettre de l’avant les articles de cuisine. Les deux poufs qui l’accompagnent s’utilisent autant comme assises que comme présentoirs.

Face à l’espace cuisine se déploie la zone réservée aux vêtements, munie de tablettes de profondeurs variées pour les accessoires mode ainsi que d’un espace mural permettant d’afficher des photos de leur plus récente collection de vêtements. Le positionnement de cette zone permet aux clients qui essaient une tuque par exemple de se regarder dans le miroir rond au-dessus de la table centrale.

Traitée comme un salon, la zone papeterie invite à la flânerie, avec son gros divan en velours et son étalage de magazines.

Tout au fond de la boutique se trouve la section jouets et soins de beauté, où la marchandise est présentée sur des tablettes en acrylique givré posées en quinconce. « Ça amène quelque chose de très propre pour les soins de beauté, mais aussi ludique. Les jouets pour enfants ressortent vraiment. On dirait qu’ils flottent dans les airs », souligne Philip Staszewski.

Enfin, l’entrée de la boutique se veut le lieu privilégié pour présenter les produits vedette de l’entreprise. Les 16 petites tablettes rondes sur fond blanc disparaissent presque pour mettre en valeur la marchandise, visible depuis la rue. Dans ce contexte brut et dénudé, les architectes ont voulu déposer quelques bijoux, plus luxueux, comme ces trois tables basses en marbre et acrylique givré.

Outre le mobilier bijou, Philip Staszewski raconte avoir déployé une autre approche pour offrir un contraste avec l’enveloppe brute de la boutique. « Sur ce fond blanc, on voulait mettre quelques accents de couleur, pour pas que ça soit trop monotone non plus, en utilisant des matériaux qui sont un peu plus nobles, un peu plus riches. » Combinant ainsi matières nobles et blocs monolithiques de couleur, les architectes ont conçu deux tabourets turquoise foncé avec assise en velours, un rideau rose du même matériau, et un comptoir entièrement noir, jusque dans ses lattes de bois peintes et son comptoir de marbre.

Philip Staszewski se dit heureux de l’esprit de collaboration qui a régné entre les différents acteurs impliqués dans le projet et de la motivation de chacun à en faire un succès. L’architecte a aussi été agréablement surpris par les réactions positives des clients de la boutique, ce qui démontre, selon lui, « un intérêt de la société en général pour des trucs plus osés et réfléchis que le standard ».

Fiche technique

Architecture : Obiekt
Design de mobilier : Obiekt
Construction : Constructions 2L
Divan : Élément de base
Luminaires : Studio botté
Photographe : Jack Jérôme
 

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