L'économie circulaire: trois principes pour une approche régénératrice

La majorité des designers souhaitent mettre sur pieds le meilleur produit imaginable, mais combien entrevoient la fin de vie de celui-ci? Si une conception linéaire (création – utilisation – dépotoir) nous mène tout droit vers un cul-de-sac écologique, d’autres solutions doivent être envisagées pour répondre naturellement à la surexploitation de ressources aujourd’hui raréfiées.

Tim Brown, CEO de l'entreprise IDEO, l’une des plus importantes firmes de consultation en design, exprime justement cette idée d’une production linéaire modifiée en un cercle à l’énergie indéfiniment renouvelable : l'économie circulaire. Pour entamer ce défi aussi ambitieux que complexe, il faut selon lui « sensibiliser directement la réflexion des designers à la source de l’idéalisation ». Car qui dit économie circulaire dit aussi design circulaire.

Comment s’y retrouver? Pour simplifier sa compréhension, la fondation Ellen MacArthur dénote trois principes de cette approche restauratrice et régénératrice : 

1er principe : Réimaginer la viabilité du projet en équilibrant le flux des ressources renouvelables.

Rien ne se perd, rien ne se crée : tout se transforme et s’imagine conformément. Lorsque les ressources sont nécessaires, le modèle circulaire préconise la sélection de technologies et de procédés renouvelables ou ayant un meilleur rendement.

2e principe : Favoriser la circulation des produits, composants et matériaux.

En intégrant d’emblée les produits en vue de leur refabrication, reconditionnement et recyclage, le designer s’assure de revaloriser chaque ressource utilisée lors de son élaboration. Les créatifs d’aujourd’hui ne conçoivent plus pour un seul utilisateur, mais pour un réseau complet d’acteurs interreliés aux quatre coins de la planète. Le design n’est plus un concept fini, mais un projet en constante évolution. D’ailleurs, le partage permet une utilisation plus intensive des produits. 

Au Québec, le projet MR-63 offre un exemple particulièrement ancré dans la culture québécoise. Celui-ci offrira une seconde vie aux anciens wagons du métro de la ville, les transformant en un complexe culturel doté de trois étages. Huit voitures y seront récupérées pour accueillir un nouveau lieu de diffusion artistique ainsi qu’un café.

Crédit:  projet MR-63

CRÉDIT:  PROJET MR-63

CRÉDIT:  PROJET MR-63

3e principe : Identifier et éliminer les externalités négatives.

Afin de réduire les dommages causés aux différents besoins humains, la conception doit tenir en compte les externalités liées à la production (la pollution sonore, le rejet de substances toxiques, le changement climatique, etc.). 

Certains organismes et entreprises tentent justement d’arrimer l’écoconception au design industriel en s’associant aux FabLabs (laboratoires de fabrication) de proximité tels que l'entreprise Communautique. Daniel Tassé de la firme de design industriel Tak Design désire démocratiser ces incubateurs créatifs en perfectionnant ses prototypes à la source même, réduisant ainsi les pertes de ressources associées à l’essai-erreur du démarrage de projet.

Pour ceux et celles qui désirent en apprendre plus sur ce mouvement, le colloque d'une journée « Villes intelligentes et durables : Design social, démocratie participative et économie circulaire » abordera l’économie circulaire au cœur de son impressionnante programmation. Le mardi 20 février prochain, professeurs, doctorants, entrepreneurs et innovateurs contribueront au discours ambiant de l’un des sujets les plus chauds de l’heure.

L’événement gratuit est soutenu par les Fonds de recherche du Québec - Société et culture, le Département de communication sociale et publique de l'UQAM, la Faculté de Communication de l'UQAM et l'organisme Communautique.

Photo d'ouverture : IDEO

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