Une jeune famille, sa demeure et la nature en connivence

Assemblage d’asymétries à la plastique naïve comme un dessin d’enfant, FAHOUSE raconte la vie au chalet du point de vue de l’enfance, dans un langage contemporain audacieux. 

Après avoir observé longuement ses clients, un couple de jeunes professionnels, interagir avec leurs bambins; après avoir discuté et s’être impliqué dans le rituel du dodo des enfants, l’architecte Jean Verville réalise FAHOUSE en 2016, un chalet biscornu au sein d’une forêt laissée sauvage des Cantons-de-l’Est qui tente d’illustrer la transformation des rapports familiaux.

« Avec ce projet, j’ai constaté qu’il existe aujourd’hui une nouvelle réalité de la famille dont on tient trop peu compte en architecture. J’ai pu explorer la relation fusionnelle que mes clients entretiennent avec leurs enfants » explique Jean Verville.

« Avec ce projet, j’ai constaté qu’il existe aujourd’hui une nouvelle réalité de la famille dont on tient trop peu compte en architecture. J’ai pu explorer la relation fusionnelle que mes clients entretiennent avec leurs enfants et développer ce côté espiègle pour les enfants et, pour les parents, outre la rigueur formelle, une dimension beaucoup plus contemplative, » explique Jean Verville.

Manière ludique d’habiter

L’orientation du chalet de trois étages (comprenant les combles), des pièces et des ouvertures prend en considération l’ensoleillement. Construit dans le sens longitudinal d’un terrain à pente naturelle, il occupe une superficie totale de 1 900 pi2. Deux volumes distincts, la maison des parents et la maison des enfants, forment la maison de la famille. Tantôt la forme conique domine, tantôt la parallélépipédique, selon le point de vue.

Dignes d’une forteresse, les petites ouvertures dans la maison des enfants ont ceci d’avantageux qu’elles offrent avec les murs aveugles une protection contre le vent, outre le rempart de la forêt de pruches mature. Cependant dès l’arrivée au chalet, déjà le regard et le cœur exultent à la vue du lac qui apparaît par la fenêtre centrale de la façade.  Par opposition, la maison des parents est pourvue de larges fenêtres et font écho aux parois vitrées au rez-de-jardin.

Les espaces fournissent plusieurs points de vue horizontaux et verticaux grâce aux ouvertures aménagées dans des emplacements parfois incongrus. Les occupants étant toujours à portée de voix et de regard, l’environnement stimulant est d’autant sécurisant. L’absence de portes (pour le moment) dans les chambres et la salle de bain à l’étage fait permuter leur fonction respective en un fantastique espace de jeu.

La simplicité des matériaux, la palette de tons neutres et l’éclairage discret préservent « l’essence des choses », pour reprendre les termes de l’architecte. L’ultime n’étant-il pas de magnifier et de relier ces paysages diversifiés ?  Le trait rouge écarlate à l’entrée nous le rappelle impérativement.

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