« 2367 : l'odyssée collective » par Plux.5

Depuis le mois de mai dernier, l'oeuvre d'art public « 2367 : l'odyssée collective », réalisée par le collectif Plux.5, est l'un des legs posés sur le campus de l'Université Laval. Afin de souligner le 350e anniversaire de l'institution ainsi que sa 7e grande campagne de financement, les membres du collectif ont créé ce monolithe intriguant qui allie modernité et tradition. 

C'est suite à un concours que le collectif composé des architectes Marianne Charbonneau, Jean-Philippe Saucier, Jean-Bruno Morissette, Olivier Bourgeois et Étienne Bernier a été sélectionné. Tous diplômés de l'Université Laval, les anciens étudiants ont réalisé une oeuvre au coeur du nouvel aménagement de la place adjacente au pavillon Jean-Charles Bonenfant, signé par le consortium Anne Carrier Architecture et Groupe A / Annexe U.

Le dossier de candidature de Plux.5 était atypique vu la formation en architecture des membres et leur expérience en réalisation d'installations pour la plupart éphémères. Le collectif a créé un monolithe abritant une capsule temporelle qui sera sellée une fois que les 100 associés de la campagne de financement, intitulée «Grande campagne», y auront inséré un document de leur choix. Fermée pour une période de 350 ans, la capsule ne pourra donc être ouverte avant l'année 2367!

© Dave Tremblay

Les sources d'inspirations qui ont mené à la réalisation de l'oeuvre sont diverses. L'idéation a été orientée vers l'image d'un feu de camp lumineux à l'effet rassembleur ainsi que vers le monolithe de la connaissance du film 2001, l'Odysée de l'espace de Stanley Kubrick. « L'artiste Anish Kapoor, à qui l'on doit le Cloud Gate de Chicago, est aussi l'une de nos grandes sources d'inspirations. Nous apprécions la distorsion et la réflexion du paysage environnant que produisent ses oeuvres », ajoute Étienne Bernier. 

Habitué de travailler avec des matières éphémères, le collectif a rapidement dû s'ajuster au défi de longévité qu'offrait ce type d'installation. « Dès le début de l'idéation, nous avions un souci de travailler une matière des plus résistantes. Le béton composite blanc nous est venu en tête après avoir imaginé le tout en marbre. Le composite nous permet de créer une forme des plus fluide ce qui nous a mené vers la technique du moulage. » explique Marianne Charbonneau.

La forme, qui a été déterminée à l'aide d'un logiciel de conception 3D, devait tenir compte des percées visuelles sur le site et des petits prototypes produits. Une fois que celle-ci fut sélectionnée, un moule pour le coffrage du béton a été construit à partir de la forme préalablement taillée par une machine à découpe de cinq axes. Toute la fabrication s’est faite en usine, chez BPDL au Saguenay-Lac-St-Jean, incluant l'application de la feuille d'or par l'entreprise Au Dorure. Une fois terminée, l'oeuvre a été transportée sur le site pour l'installation.

© DAVE TREMBLAY

La dorure, généralement associée à des techniques plus anciennes, se modernise sur ce bloc moulé de blanc vif. C'est la dualité des matériaux qui image le lien entre les générations ; celles du passé soutenant les générations futures. La mise en lumière de l'oeuvre d'art public a été réalisée par LumiGroup

Malgré leur pratique bien chargée, les jeunes architectes s'assurent de garder vivant le collectif depuis sa formation en 2010. « Plux.5 est pour nous une sorte de laboratoire, explique Marianne Charbonneau. Lorsque nous avons commencé, il y avait peu de ce genre d'initiatives. Il est important pour nous de le maintenir animé, puisqu'il nous permet de faire des explorations artistiques et de poursuivre notre implication auprès de l'École d'Architecture de l'Université Laval. » 

Tisse métis égal

Photo © Alexandre Guilbeault

Depuis les sept dernières années, le collectif a réalisé une installation par année et la cadence se poursuit. Les membres sont, entre autres, les idéateurs derrières les oeuvres « Piscine Hors-Terre » présentées aux Passages Insolites 2014 en collaboration avec le Collectif de la Fourchette. Ils ont également eu la chance d'être invités à la 10e édition du Festival des Architectures Vives afin d'y présenter l'oeuvre « Tetra-Magique ». Finalement, leur installation « Tisse métis égal » est une réalisation datant de 2012 qui a été placée dans le Vieux-Montréal.

piscine hors-terre

Photo © Jean-François Laroche

tetra-magique

© plux.5

 

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